Réaction de L’URPS MKLB sur les propos du 28 septembre 2015 de Mme la Ministre Marisol-Tourraine

L’URPS des masseurs kinésithérapeutes libéraux de Bretagne réagit au rapport de la cour des comptes de mi-septembre, et revient sur les propos du 28 septembre 2015 de Mme la Ministre Marisol-Tourraine ainsi que de M Pierre FENDER, Directeur du service de lutte contre les fraudes de la caisse nationale.

Le rapport indique qu’ « Entre 2006 et 2013, la hausse des dépenses a résulté pour les 3/4 de celle du nombre d’actes prescrits par les médecins (et dans quelques cas par les infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes eux-mêmes, ces derniers fixant en outre le nombre de séances quand le médecin ne l’a pas fait) »   

« Malgré l’envolée des dépenses, l’analyse de leurs déterminants souffre de lacunes préjudiciables. Si le recours à ces soins paramédicaux s’intensifie avec l’âge, surtout pour les actes infirmiers, la portée du vieillissement de la population n’est pas mesurée. L’intensité de la charge en soins liée aux affections de longue durée n’est pas documentée. La réalité et l’ampleur des transferts de prise en charge de l’hôpital vers les auxiliaires médicaux ne sont pas suivies. »

Ceci montre bien que l’augmentation des dépenses en kinésithérapie est essentiellement liée à une évolution des besoins de la population et au virage ambulatoire pris par la politique de Santé Publique telle que l’a explicité La Ministre de la Santé, Marisol Tourraine, lors de son intervention sur France Info le 28 Septembre 2015  « Nous avons besoin que nos concitoyens soient d’avantage pris en charge en ville  à leur domicile, …il est normal qu’il y ait une augmentation du nombre des actes réalisés par les kinés et les infirmiers, » sinon les citoyens iront «  à l’hôpital, en revanche il faut s’assurer que cela corresponde à des actes nécessaires et utiles, il y aura donc des contrôles »

Il est dit aussi que cela se justifie en partie, par une augmentation des « revalorisations d’actes entrainées par les renégociations conventionnelles avec l’assurance maladie ». Mais dans le rapport il est précisé « Celui des masseurs-kinésithérapeutes a augmenté de 12 % en euros constants, soit une progression de 0,9 % en moyenne annuelle, qui recouvre cependant une baisse sur la période 2007-2013 »

L’URPS MKLB aurait été très intéressée que La cour des comptes fasse son travail jusqu’au bout, et qu’elle puisse nous dire l’économie que nous permettons de faire à la sécurité sociale en accompagnant la politique du retour à domicile précoce ! Au contraire elle souhaite que nous augmentions notre temps de travail sans coûter plus cher!

Ce rapport a fait réagir aussi le directeur du service de lutte contre les fraudes de la caisse nationale Mr FENDER . Dans « Le Parisien », ce dernier appelle à ne pas faire « d’amalgames », estimant que « la grande majorité » des professionnels de santé « sont honnêtes ». Il précise cependant que certains départements font l’objet d’une surveillance spécifique de part la densité de professionnels particulièrement forte sur ces territoires. C’est le cas notamment de la Martinique, les Bouches-du-Rhône ou certains départements d’Ile-de-France .

 

L’ URPS des masseurs kinésithérapeutes de Bretagne est bien consciente de la nécessaire maîtrise des dépenses, mais sans être dans ce genre de communication stigmatisante reprise par les médias. Cette maîtrise ne doit pas être au détriment, comme le laisse présager les recommandations de la cour des comptes, de la qualité des soins nécessaires à la population, et particulièrement des patients les plus fragiles, dont la qualité de vie dépend de soins quotidiens de masso-kinésithérapie. L’URPS des masseurs-kinésithérapeutes libéraux de Bretagne reste donc vigilante sur les mesures qui pourraient suivre ce rapport.

URPS des masseurs kinésithérapeutes libéraux de Bretagne